DIMANCHE 17 AVRIL 2022  |  00h00

Qui sommes-nous ?

Eric Lechat | Eric Razzoli

Questions posées par Charlotte Raniero, de l’agence Pure Moment.

Eric Razzoli et Eric Lechat se sont rencontrés en 2016 grâce au trail.
Tout juste arrivé à Marseille pour une mission professionnelle, Eric Lechat a cherché à s’inscrire au fameux trail des Calanques en janvier 2016… 5 jours avant la course ! Coup de fil au directeur de course, Eric Razzoli, qui prend le temps de lui expliquer, à ce fada de Parisien, que le trail des calanques est tous les ans complet en quelques minutes après l’ouverture des inscriptions !! Tant pis, l’échange au téléphone est sympa et 2 jours plus tard, coup de fil en retour pour proposer un dossard de dernière minute. Ça sera le dossard 001 et un souvenir de course cuisant pour Eric Lechat, pas habitué aux cailloux ni aux terrains cassants de Provence (ce qui n’a pas tant évolué que ça). Ça sera surtout le début d’une belle amitié qui dure depuis cette rencontre.

Voici leur histoire en quelques questions croisées

Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ?

Eric Lechat

Eric Lechat

Je suis né en 1973 et j’ai grandi près de Nantes où j’ai fait mes études. J’ai un peu voyagé pendant mes études, notamment aux Philippines, aux Emirats-Arabes-Unis. Un service militaire dans la cavalerie, détaché en Guyane à Kourou. Mon premier vrai job était vendeur à la boutique de vin français au parc Epcot à Orlando en Floride, à la Walt Disney World Company ! J’y ai appris le Service aux Clients et surtout beaucoup arpenté ce pays qui m’a fasciné.
Puis je suis rentré vivre à Paris où j’ai vécu et travaillé pendant 15 ans en tout, entrecoupé d’une escapade de 5 ans à Bordeaux où sont nés mes deux enfants. J’ai quitté Paris pour Marseille fin 2015, au prétexte d’une mission professionnelle de deux ans mais qui s’est finalement éternisée. Et je suis bien ici !

Eric Razzoli

Eric Razzoli

Je suis l’ainé des deux Eric ! Je suis né en 1969 à Saint Antoine, dans les quartiers nord de Marseille au pied de l’Étoile. Papa de 3 enfants, je suis plutôt autodidacte et j’ai exercé beaucoup de métiers différents : steward , vendeur puis directeur de magasin, commerçant, commercial, directeur commercial et responsable grands comptes pour une grande marque internationale d’équipement du motard. Je suis depuis plusieurs années coach professionnel, préparateur mental des sportifs et formateur de managers et forces de vente.

Comment êtes-vous entré dans le trail running ?

Eric Lechat

Comme beaucoup de trailers, je viens de la route. J’ai réalisé mon premier marathon en 2007 (3h40) et après avoir flirté avec mon record personnel (3h11), j’ai eu envie d’échapper aux contraintes de la route. Mon premier trail était la fameuse Saintélyon en décembre 2010. 68 kms par -10°C avec de la neige, du verglas, et le départ à minuit : j’avais adoré cette expérience !! Ensuite j’ai continué à courir des trails et des ultras, avec une ou deux grosses courses maximum par an. J’ai un travail monopolisant et il m’est difficile de me préparer sérieusement à plus que cela.

Eric Razzoli

J’ai fait du cyclisme, d’abord sur route que j’ai pratiqué en compétition étant enfant puis en VTT durant de nombreuses années. Je me suis mis à courir sur route à 31 ans, à une époque où le trail s’appelait « course en colline » et où le choix en chaussures se limitait à une paire chez Asics ou New Balance. A l’époque je courais à l’OM Athlétisme. Je me suis mis pleinement au trail vers 2011 et j’ai augmenté les distances : en 2014 avec mon premier 40km à Barcelonnette puis en 2015 avec le 52km de l’Xtrem Trail des Dolomites. S’en sont suivis les années suivantes le Grand Trail des Templiers, le Mad Trail, le 80km du Mont-Blanc, la TDS, la traversée nord de l’Echappée Belle et l’Endurance Trail des Templiers.

Et l’organisation de course ?

Eric Lechat

C’est mon compère Eric Razzoli qui m’a proposé en 2016 de rentrer dans l’équipe de bénévoles qui organise l’Alpin Trail de Pichauris pour le compte de FDCAM. D’abord signaleur puis affecté au contrôle des certificats médicaux et chargé des inscriptions, j’ai participé de plus en plus à l’organisation.

Eric Razzoli

Étant tout jeune j’avais organisé pour le compte du CE de Decathlon des Raids aventure en montagne qui rassemblaient des équipes venant des 4 coins de France et d’Europe. En 2012 les calanques sont devenues Parc National des Calanques. Alors simple adhérent du Club Alpin Marseille et trailer, on m’a proposé de restructurer le Trail des Calanques pour le rendre conforme aux exigences du Parc National. J’en ai été le directeur de course durant 5 éditions. En mai 2015 j’ai co crée l’Alpin Trail de Pichauris pour le compte du Comité Départemental des Clubs Alpins. 400 coureurs étaient au départ de la 1ère édition le 11 novembre 2015. Aujourd’hui l’Alpin Trail de Pichauris rassemble près de 1000 coureurs et est devenu l’un des RDV trail majeurs de la région et la seule course à proposer un format Ultra dans le département.

D’où vient cette idée de créer le Full Moon trail ?

Eric Lechat

D’abord, l’envie de faire découvrir ma région d’adoption et nos sentiers qui traversent des sites incroyables. Ce territoire mérite tant d’être mis en en valeur, et je voulais montrer comme les gens du sud sont chaleureux et accueillants aussi.
Le parcours allait de soi : tirer un grand trait d’union vallonné entre les deux grandes villes de la Métropole, si belles mais si différentes.
Et pour finir, le format de nuit pour que les coureurs profitent de la fraicheur nocturne, des sons feutrés, des ombres sur les collines avec la pleine lune et enfin l’arrivée plongeante sur Marseille en fin de nuit ou au petit-matin.
Bref, le fil rouge est de faire un bel évènement, que les coureurs et leurs accompagnateurs repartent avec des étoiles dans les yeux et l’envie de revenir nous voir.

Et avec Eric nous sommes vraiment très complémentaires, nous faisons chacun la partie qui nous plait le plus : moi la connexion des acteurs du territoire, et Eric la gestion de la logistique de course, la partie plus administrative et la création des parcours. Il adore ça et connait les sentiers comme sa poche, notamment le nord de Marseille où il habite.

Eric Razzoli

A vrai dire, j’aime plutôt les courses techniques avec de forts dénivelés. Cependant l’idée de relier Aix la bourgeoise à Marseille la populaire me trainait dans la tête depuis longtemps. Quelques copains un peu fadas avaient organisé la « Diagonale des Fadas » qui reliait Aix à Marseille en passant par tous les massifs majeurs de la région, mais le format se trouvait contraint par le passage dans les calanques qui limitait le nombre de participants à 100, règle du PN oblige. Quand Eric m’a parlé de ce projet, il imaginait plutôt un marathon puis nous avons eu cette idée de faire une grande course nature. L’idée était de proposer un format qui rassemble et qui plaise aux routiers comme aux trailers. Ici notre terrain de jeu est incroyable, et surtout la partie de la course par les quartiers nord de Marseille et le GR2013 sera une découverte spectaculaire pour beaucoup, ça me plait énormément.

Quels sont vos trois meilleurs souvenirs de course ?

Eric Lechat

Le plus fort émotionnellement : sans conteste la CCC en 2011. Première « grande » course pour moi, avec une météo exécrable cette année-là. Je n’étais pas encore aguerri pour l’ultra et j‘avais lutté mentalement pour rallier l’arrivée.
 
Le plus funny, ça a été la Jurassic Coast 100 miles, sur la côte sud de l’Angleterre en juin 2019. J’avais traversé la France en voiture depuis Marseille en attrapant mon petit frère et mon fils à Paris, puis on avait traversé la Manche pour rejoindre le départ de cette course qui longe la côte sud anglaise. Mes 2 accompagnants en herbe se sont vraiment marrés à me suivre toute la journée et la nuit aussi, avec leur niveau d’anglais aussi approximatif que le GPS de la voiture ! Un chouette souvenir.

Et enfin, en 2017 les 100 kms de Millau avec mon fils Bastien qui m’a accompagné pendant 60 kilomètres sur son petit VTT, à l’âge de 14 ans. J’avais adoré lui faire vivre cette expérience en tant que papa.

Eric Razzoli

Mon plus beau souvenir de course restera la TDS, mon premier « Ultra »… Avant ça ma seule grande course était le 80km du Mont Blanc un an plus tôt où j’avais beaucoup souffert mais où j’avais terminé alors que cette année-là à cause de la chaleur il y avait eu 60% d’abandons. La TDS m’a procuré des émotions extraordinaires et m’a rendu amoureux des longues distances. Je me souviens, j’avais démarré doucement, puis remonté près de 600 places pour finir comme une fusée entre les Houches et Cham et passer la ligne d’arrivée en 21h33 à la 149ème place au scratch. Trop fier !

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui doit courir le Full Moon trail ?

Eric Lechat

De faire attention aux cailloux, ils poussent partout ici et surtout au milieu des chemins ! Non, plus sérieusement de bien se reposer l’avant-veille du départ, et de faire une sieste le samedi après-midi. Le parcours est rapide et pourrait donner envie de se lâcher dès la mi-parcours, mais attention à ne pas se griller car les dernières grimpettes urbaines avant l’arrivée vont faire mal.

Eric Razzoli

De bien gérer sa course, c’est un parcours très rapide mais très exigeant aussi. Nos collines offrent des montées courtes mais raides et l’arrivée sur Marseille regorge de « coups de cul » qui brûlent les cuisses. Et puis le conseil majeur que je donnerais, c’est d’ouvrir les yeux et de profiter de ces vues magnifiques sur la rade de Marseille, la côte bleue, les iles du Frioul, le Château d’If et Marseilleveyre.

Et les bons spots pour les accompagnants ?

Eric Lechat

Si j’étais coureur, j’adorerais retrouver mes proches sur les Etoiles, au petit jour.

Eric Razzoli

Grand Littoral où il y aura un ravito et qui offre une vue extraordinaire sur Marseille.

Dernière question : pourquoi on court ?

Eric Lechat

Pour se sentir vivant, se sentir apaisé, se connecter aux gens. Nous avons de la chance d’être dans une forme et une santé qui nous permettent de courir comme ça. Alors il faut en profiter à fond !

Eric Razzoli

Pour se rencontrer avec soi-même, pour être au contact de la nature, pour aller chercher ce que les Américains appellent le Flow, cette expérience optimale qui vous pose sur un nuage et qui vous permet d’être « ici et maintenant ».